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Qu'est-ce que le "Kaingin"?

Jonathan Loqueville, étudiant en Master Ecologie-Biodiversité-Evolution à l’École Nationale Supérieure de Paris, a passé 5 mois sur le terrain dans le but d’étudier les dynamiques liées à la pratique de l’abatis-brûlis et l’évolution de la couverture végétale du territoire.

Bien que certaines zones (en particulier les sommets des montagnes et collines), soient déforestées et donc plus sujettes à l’érosion et aux glissements de terrains, Jonathan a également mis en perspective que la couverture végétale des forêts a globalement augmenté depuis les années 80 à nos jours, en particulier autour de Latag, un village Mangyan situé sur les hauteurs à 10km de la côte. Découverte surprenante, allant à l’encontre des idées reçues des habitants et du gouvernement local, convaincus jusqu’alors du recul de la forêt sur leur territoire.

Pourquoi ce phénomène?

Est -ce en raison de la diminution de l’exploitation commerciale des forêts pour l’export ?
Seraient-ce les premiers fruits des récents programmes de reforestation, et des efforts des gouvernements locaux pour lutter contre le déboisement ?
Ce pourrait aussi être dû à la sensibilité du peuple de Latag, qui considère la forêt comme leur principale ressource qu’ils se doivent de préserver… Ou encore à la réduction de l’élevage, et donc de la pression de pâturage, permettant aux espaces boisés de regagner du terrain.
Il n’y a certainement pas une raison isolée à ce phénomène, l’explication serait probablement une combinaison de ces facteurs.

Que signifie « Kaingin » ?

« Kaingin » est le terme local désignant « abatis-brûlis » (une méthode de culture ancestrale, encore présente dans de nombreuses régions du monde). Malgré sa mauvaise réputation, il s’agit d’une technique de cultures diversifiées qui peut être durable TANT qu’il s’agit de systèmes vivriers (productions non-commerciales visant à répondre aux besoins alimentaires des communautés) ET dans la limite d’une croissance démographique maîtrisée.

Il se peut que le Barangay Udalo atteigne aujourd’hui un palier où l’accélération de la croissance démographique conduit à une augmentation de la pression sur la forêt, lui laissant moins de temps pour se régénérer avant d’être à nouveau exploitée.

L’étude de Jonathan a permis de mettre en lumière que nous nous trouvons à un carrefour où la pratique du « Kaingin » devient destructive à partir du moment où l'on commence à développer des activités commerciales de type production du charbon, culture de noix de coco pour la transformation en huile industrielle ou celle de tubercules destinées à la transformation en aliment pour le bétail.
Ce changement d’échelle pourrait représenter une réelle menace pour l’environnement en terme d’augmentation des risques d’érosion.

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